Journal de la Diaconie

Le diocèse publie un journal de la diaconie: "Servir le frère" dont voici déjà le 2° numéro.

Servir le frereBonne lecture

JD N°1-Journal de la DiaconieJD N°1-Journal de la Diaconie (1.12 Mo) Juin 2017

Journal Diaconie N°2JD N°2-Journal de la Diaconie (1.48 Mo) Février 2018

Extraits 

Jd1 couvEdito N°1:

Pour l’Ascension 2013, il y a quatre ans, nous étions 115, rassemblés avec tous les diocèses de France, au milieu de 12 000 personnes pour écouter la parole des plus petits. Dix-huit mois plus tard, à La Roche-sur-Foron, nous avons souhaité partager avec vous cette joie qui nous avait envahi, ouvrant à nouveau la place aux plus fragiles d’entre nous ; ainsi nous dévoilaient-ils toutes leurs richesses, prenant le risque de mettre à nu leurs fragilités. La rencontre des plus pauvres n’est pas qu’un événement, c’est aussi la voie que le Christ nous a montrée ! C’est le service de la charité. L’enjeu de la diaconie, c’est bien de vivre sur ce chemin, en acceptant de passer de « l’évé- nement » au « quotidien », de « l’extraordinaire » à « l’ordinaire » de nos vies. Les événements vécus en 2013 à Lourdes ou en 2014 à La Roche nous ont révélé l’importance de ce chemin. Comme à Emmaüs : le plus exigeant est de « le » reconnaître, lui, le Christ avec les yeux de la foi. Au moment de la rencontre, les paroles et le partage s’expriment en vérité. Après la rencontre, nos yeux s’ouvrent, ce qui nous permet alors de dire : C’était bien lui ! L’Esprit Saint nous donne la force d’aller témoigner, de prendre le temps de regarder nos vies et de ren -dre grâce pour toutes ces merveilles !
L’objectif de ce journal est de créer des ponts. de donner la parole et de permettre ainsi de relever les quotidiens de nos vies et de le partager…
A vous la parole !

Fleurir là où nous sommes plantés

À la suite du pape François, la lettre pastorale « La Joie de Servir » confiée par le père Yves Boivineau, dit que le choix du « service de la charité » n’est pas matière à option. L’Église ne peut pas le négliger. Cette direction exigeante s’applique tout particulièrement aux plus faibles et aux plus démunis, qui vivent des situations difficiles, très souvent même dans leur corps ; la proximité avec le prochain devient la condition de ce service. Il s’agit bien de développer cette attitude du cœur, cette façon d’être, ce chemin de conversion, où Amour et Miséricorde prennent toute leur mesure : Soigner les blessures, ouvertes ou cachées, pour mieux manifester la tendresse de Dieu. On n’applique bien dehors que ce que l’on vit bien dedans. Nos communautés paroissiales sont alors une chance pour exercer cette attitude du cœur, et ainsi mieux la proposer au monde… Dans les retours de questionnaires sur la diaconie du 1er trimestre 2017, une paroisse nous indiquait son trésor, son projet mission -naire : Sors, Vis, Aime. La présence du frère n’y est pas explicitement exprimée, mais, implicitement, elle crève les yeux ; pour permettre à la communauté de prendre corps, cette présence du frère doit devenir centrale jusqu’à prendre un caractère sacré ! Pour pouvoir avancer, il est essentiel de ne pas perdre de vue nos propres fragilités, personnelles et communautaires. Ce sont souvent à travers elles ou grâce à elles, que la rencontre avec l’autre devient possible ; dans l’Évangile, nombreux sont les exemples qui le montrent. Pour faciliter ces rencontres, le Christ ne nous a pas laissé seuls : il nous a donné sa parole, et quelques consignes : l’intimité avec son Père dans la prière et la vie fraternelle ! À chacun de se mettre en route, ou de continuer la route déjà commencée en restant connecté. À chaque communauté paroissiale de s’interroger et de relire comment elle vit déjà le service du frère. À chaque mouvement de voir comment il développe l’esprit propre à l’in -tuition qui l’a fait naître et comment il le partage. Il nous faut laisser tomber nos peurs et oser partager nos vies avec nos fragilités, elles nous ouNB : Vous pouvez retrouver sur le site la lettre « La Joie de Servir ». -vrent un horizon de richesses inestimables. Déjà là et pas encore là, réalité ou devenir, c’est le mystère du royaume de Dieu ! Restons confiants dans le Seigneur, il nous a fait la promesse de beaux fruits si nous restons accrochés à lui en fleurissant là où nous sommes plantés. 

Délégué épiscopal à la diaconie diocésaine 
Yvan Rozier

2018-02-Journal Diaconie N°2 (Couv)Edito N° 2

« Tout seul on va parfois plus vite, mais ensemble on va plus loin ! »

 Cette devise ne peut se comprendre qu’en revenant à la source de la culture d’alliance. Se lier ensemble, « décider » d’être amis, « prendre soin » d’une relation, « choisir » la confiance, la réciprocité et l’échange comme un pari sur l’avenir… Autant de défis à relever, comme nous le montre le Christ. Ce sont les nôtres pour la diaconie en Haute-Savoie ! « Vivre l’alliance » est d’abord un défi spirituel personnel, un combat permanent avec soi-même. Il dépasse les approches habituelles de notre société actuelle : lien juridique, ou pacte d’intérêts communs, mais ses conséquences sur le « vivre ensemble » sont déterminantes ! L’enjeu est de concevoir un visage de l’humanité à l’image et à la ressemblance du Créateur, de celui qui n’a pas d’autre désir que de « faire alliance » avec nous, contre vents et marées ! Les témoignages et les propositions qui suivent dans ce journal nous le montrent… N’hésitons donc pas à considérer toutes nos paroisses, nos associations, nos territoires, nos activités, comme des lieux privilégiés pour « vivre l’alliance » et accueillir la fécondité de ce choix ! 

Délégué épiscopal à la diaconie diocésaine 
Yvan Rozier

Cap sur la vie ! avec nos fragilités

Et après ? (Page 5)
Le 14 novembre, les acteurs de la fête de « Cap sur la vie avec nos fragilités » du 14 octobre, ont pris un temps de relecture avec notre évêque. Chacun a pu dire combien la parole des témoignages des personnes vivant un handicap a pu les traverser et les aider à vivre des  rencontres surprenantes dans la journée. « Ils nous ont donnés le courage de parler de nos fragilités et de notre besoin de fraternité », « J’ai découvert que ma fragilité devient force ! », « J’ai reçu une leçon de vie mais dans le bon sens : ça donne envie de prendre la vie à pleines dents ! »
Lors de cette journée, des rencontres impromptues se sont faites autour des tables mais aussi dans les ateliers. Les enfants ont vécus des animations ensemble. La traductrice en langage des signes a donné force à ce que nous avons entendu. Chapeau à Delphine et Francine pour l’animation du fil rouge ! Le groupe de musique Envoix nous a donné envie de chanter. Les personnes les plus lourdement handicapées sont arrivées en fin de matinée ou en début d’après-midi. Les stands ont fait découvrir des associations que nous ne connaissions pas. Nous avons vécu une expérience d’Église : la joie et la simplicité ou chacun a sa place. Ces témoignages intergénérationnels nous interrogent sur le vivre  ensemble à l’école, en famille, au travail… Josef Shovanec, philosophe et écrivain, avec de l’humour et une logique implacable, nous a ouvert les yeux sur le quotidien des personnes vivant l’aventure de l’autisme. Qu’avons-nous fait de la « biodiversité humaine ? ». Sa parole forte mais sans colère a beaucoup d’autorité. Bien des personnes vivant un handicap ont été revigorées par son intervention. Le groupe joie et différence va lui envoyer un message filmé pour le remercier !
Au moment de la célébration, la lecture de Philippe a mise en valeur la Parole. La procession était emplie de joie et d’émotions.
La petite lumière donnée par les jeunes à l’envoie nous donne envie de la garder allumée et de se poser la question : et maintenant, où je vis, comment répercuter cette expérience ? 

Delphine Jaquemoud et Daniel Pignal Jacquard

Date de dernière mise à jour : 20/02/2018