Cluses Centre (St Nicolas)

Eglise St Nicolas de Cluses

La communauté de St Nicolas se situe au centre de Cluses et rassemble les paroissiens de la ville historique.
Le quartier de la Sardagne, qui s'est développé dans les années 60, en aval de l'Arve, a donné naissance à une nouvelle communauté autour de son église (St Jean Marie VIANNEY)

Derrière l'hôtel de ville se dresse l'église St Nicolas, église paroissiale qui fut jusqu'à la Révolution française l'église du couvent des Cordeliers, ce qui explique l'élégante sobriété de cet édifice du XVIIème siècle. Il abrite notamment un remarquable bénitier de style gothique flamboyant classé Monument Historique. Près de l'église, dans le jardin des Cordeliers, un monument dédié au musicien François Curt (1791-1859) est l'oeuvre du sculpteur Suzanne Laurent. Il a été érigé en 1930. (source: site Gralon). L'accoustique récemment refaite donne une clarté sonore et une compréhension des textes qui facilite les célébrations. De nombreuses manifestations et concerts y sont donnés au cours de l'année. 

Les messes paroissiales y ont lieu tous les dimanches à 10h30. 
Une chapelle est accolée à la partie droite de l'église. Elle accueille les messes de semaine qui sont célébrées (Voir feuille paroissiale)

Le saint patron: St Nicolas 
St Nicolas
(Cette Icone a été réalisée par Mme Cretin et offerte à la Paroisse. Elle figure à la chapelle de semaine)

Evêque de Myre (+ v. 350) - Nous ne savons que peu de choses de lui. Né à Patara au sud ouest de l'actuelle Turquie (à l'époque Asie mineure) entre 250 et 270, il fut le successeur de son oncle, l'évêque de Myre. De son vivant, Nicolas de Myre fut le protecteur des enfants, des veuves et des gens faibles. Il fut bienveillant et généreux. L'empereur Dioclétien régnant alors sur toute l'Asie mineure poursuivit cruellement les chrétiens, entraînant ainsi l'emprisonnement de saint Nicolas qui fut contraint de vivre, par la suite, un certain temps en exil.
En 313, l'empereur Constantin rétablit la liberté religieuse, et Saint Nicolas put alors reprendre sa place d'évêque et, à ce titre, il assista et souscrit au concile de Nicée en 325. Saint Nicolas serait décédé le 6 décembre 343, victime de persécutions sous l'Empire romain. Il fut enterré à Myre. Son tombeau devient un lieu de pèlerinage, d'abord à Myre, puis à Bari en Italie où ses reliques furent transportées au XIe siècle pour les protéger des Musulmans.

Par contre, sa vie posthume est beaucoup plus riche, grâce aux légendes sans doute fondées sur la réputation de sa bonté envers les pauvres et les enfants. Selon la légende, saint Nicolas aurait ressuscité trois enfants tués par un boucher. Les miracles attribués à saint Nicolas sont si nombreux qu'il est aujourd'hui le saint patron de nombreuses corporations ou groupes tels que les enfants, les navigateurs, les prisonniers, les avocats ou les célibataires. Il naquit en Asie Mineure, devint évêque de Myre. 
Chaque année, des délégations des Églises orthodoxes, particulièrement de Russie, viennent se joindre au pèlerinage des catholiques latins, en une rencontre œcuménique significative.
Le "bon saint Nicolas" est invoqué aussi bien en Orient où il est le patron des Russes, qu'en Occident où il est le patron des enfants et, si l'on peut parler ainsi, l'ancêtre du Père Noël. Il est fêté le 9 mai par les Églises d'Orient , le 6 décembre par les Eglises Occidentales.

Martyrologue romain  

Le Bénitier de l'église St Nicolas

dscf2166.jpgEn entrant, s'arrêter devant le bénitier.
Prendre le temps de le regarder dans son ensemble. La vasque, la croix festonnée, le Christ, son visage, ses bras étendus. Marie-Madeleine dans l'attitude de celle qui est entrée chez Simon le pharisien, a versé son parfum sur les pieds de Jésus, et les a essuyés avec ses cheveux avant de recevoir le pardon. C'est aussi Marie Madeleine, la première au jardin de la résurrection (feuillages) venue avec ses aromates pour l'ensevelissement de Jésus.
Comme elle, je lève les yeux vers Celui qu'on a transpercé, lui qui a dit "Quand je serai élevé de terre, j'attirerai tout à moi" dans la Bible, je peux faire miennes les paroles du psaume 123, 124.
Je remarque la double couronne du Christ : couronne d'épines et couronne de gloire. Celui qui a été crucifié, "Dieu l'a ressuscité" d'où la croix ornée. 
Au sommet de l'axe vertical de la croix, le pélican qui selon la légende nourrit ses petits en ouvrant sons coeur. "ma vie nul ne la prend, c'est moi qui la donne ; Il n'y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu'on aime" 
En avançant ma main dans la vasque, je fais mémoire de mon baptême et du pardon offert. Par Jésus, Dieu m'ouvre ses bras. 
Devant moi, s'ouvre la route de la vie. Je peux prendre le temps de m'asseoir sur un banc, de m'avancer près d'un frère ou d'une soeur, en prière silencieuse, de me poser sur le tapis devant l'autel. Là, je me tiens devant Dieu, lui parle, l'écoute; Je prends le temps de voir où va ma vie.

Dieu m'éclaire par sa Parole. Je prends le temps de lire la Parole du jour ; je fais une halte devant le Saint Sacrement; Je remarque à nouveau l'image du Pélican. "je suis le pain vivant descendu du ciel ; celui qui mangera de ce pain vivra à jamais" 

Une autre halte devant l'autel évoque pour moi le dernier repas de Jésus. La Cène ainsi que la fraction du pain, à l'auberge d'Emmaüs. "puis prenant du pain, il rendit grâce, il le rompit et le leur donna en disant "ceci est mon corps, livré pour vous. Faites cela en mémoire de moi"

en sortant, je m'arrête de nouveau devant la croix du bénitier ; je regarde Marie portant dans ses bras l'enfant Jésus. "Dieu a tellement aimé le monde qu'il a donné son Fils unique ; le Verbe s'est fait chair et il a habité parmi nous". Avant de rejoindre mon quotidien, cette face de la croix me redit que Dieu a pris et continue de prendre au sérieux notre vie d'homme et de femme. Plongé dans son Mystère d'Amour, je suis envoyé(e) comme témoin, messager de cette Bonne Nouvelle. Avec Marie, la première en chemin, qui a suivi son Fils en disciple, j'avance dans la foi sur les chemins du royaume. "ma mère et mes frères" dit Jésus "sont ceux qui écoutent la Parole de Dieu et la mettent en pratique (Luc 8,19-21). J'entends Marie me dire comme aux noces de Cana, en parlant de son fils :  "Tout ce qu'il vous dira, faites le..." 

La croix du parvis de l'église st Nicolas 

(Dimanche 9 Janvier 2011.)

Maurice BlanchetChers amis, je vous propose une méditation particulière. 
Si nous remontons un peu dans le temps, nos parents, grand parents,  arrière grand parents, peut être même un peu plus loin, ont vécu, et nourri leur Foi en participant à des temps de prière et de célébration privilégiés, qu’on appelait temps de mission.  Aujourd’hui, on dirait des temps forts paroissiaux.
A l’occasion de ces missions, et pour porter un témoignage de Foi, on avait coutume d’élever des croix au bord des chemins ou sur les places, ainsi, les croyants qui passaient, avec un grand respect, faisaient le signe de la croix et même s’arrêtaient pour prier.

Eglise St NicolasCes croix sont là encore aujourd’hui, pour nous rappeler que le Christ a donné sa vie pour sauver l’humanité. Que représentent pour nous chrétiens, ces croix devant lesquelles nous passons dans une totale indifférence ?

En 1848, année qui a suivi la consécration de l’église du couvent des cordeliers en église paroissiale St Nicolas, notre paroisse a vécu ce temps de mission, et, à cette occasion, une croix a été dressée sur le parvis de notre église. Oui, à l’extérieur de l’église, cette croix a tout son sens. Elle nous rappelle que l’engagement du Baptême se vit surtout hors de la maison « église », dans la famille, le travail, les relations avec nos frères. 
C’est là que nous devons être témoin.

Cette croix, rongée par les années risquait de se casser. Alors, pendant de nombreux mois, elle n’était plus là, sur sa colonne. Avons- nous remarqué cette absence ? Aujourd’hui, et depuis quelques temps déjà, une nouvelle croix a retrouvé sa place, grâce à la municipalité et aux services techniques de la ville, que nous remercions du fond du cœur. 

Avec les célébrants,….  nous vous invitons, en sortant de la messe, à lever les yeux vers elle, avec une pensée pour ces ainés qui l’ont construite, elle nous rappelle notre mission de Baptisé. Que ce Témoignage de Foi, là, à notre porte contribue à faire germer dans nos cœurs, le courage de devenir des acteurs de la vie en église 
et non de simples consommateurs.

Aujourd’hui chers amis, avec l’aide de nos prêtres, saurons nous travailler à la mission du Christ ? Etre des veilleurs à la suite de nos ainés ? Laisser un témoignage ? 
Pour cela, la communauté appelle souvent sans trouver d’écho. Ne laissons pas tout faire aux autres. N’ayons pas peur de nous engager, l’Esprit saint est avec nous. Par cette croix sur le parvis de notre église, rendons gloire à Dieu, et, tournés vers l’avenir comme nous allons le chanter, avançons avec confiance dans la joie, l’amitié, la fraternité sur nos chemins.

Maurice Blanchet – Communauté de Cluses -

Fernand serviteur discret...

Pour signifier l’importance du baptême, l’Eglise tient depuis des temps immémoriaux un registre qui garde précieusement les noms. S’il est bien une personne dans la paroisse qui connaît tous ceux de ces dernières années, c’est Fernand. (2017)

Serviteur discret…

Fernand et marie thereseFernand DUCRETTET, entre bien d’autres tâches paroissiales, remplit celle de notaire : De sa belle écriture, il retranscrit  les sacrements reçus par les uns et les autres.  

Fernand est originaire des Gets, mais il a aussi vécu à Châtillon ou à Bonneville avant de s’installer à Cluses avec Marie-Thérèse, son épouse. « Je suis le dixième d’une fratrie ! J’ai eu la chance de naître dans une famille chrétienne. Mon père cantonnier et ma mère m’ont transmis une belle éducation tournée vers le partage. Nous étions habitués à donner un coup de main là où était le besoin ».

Fernand a fait ses études au petit séminaire de Thonon, un enseignement rigoureux qui lui est resté toute sa vie.

Les premiers engagements à Cluses

C’est le métier d’employé de bureau qui l’a amené à Cluses après plusieurs postes en tant qu’infirmier. Cette expérience lui a plu et il s’est engagé dans la sécurité civile après ses heures de travail. «J’étais bénévole secouriste. Je suis devenu moniteur et j’ai assuré de la formation. Nous tenions de nombreux postes de secours le week-end ! »  Mais Fernand a rendu aussi de nombreux services aux parents d’élèves du collège privé, du comité des fêtes, de la paroisse…  Il connaît l’histoire de bien des bâtiments et de bien des équipes qui ont fait bouger la ville durant ces quarante dernières années.

L’Eglise aussi a bénéficié de ses services

« Il y avait des choses à faire alors on les a faites ». Ce fut la période d’Alain Fournier, actuel vicaire général ou encore de Jean Claude Sancey, gestionnaire passionné ou Paul Lepan. « C’étaient d’anciens copains du petit séminaire, qui avaient opté pour la prêtrise. Nous avons vécu de belles aventures dans une confiance extraordinaire. Pour moi, ma foi se trouvait là : donner en actes. Nous parlons souvent d’être dans l’Eglise mais il faut aussi faire. Il faut les deux. Bien sûr qu’il faut prier, mais il faut aussi agir, comme dans le récit de Marthe et Marie dans l’Evangile. 

Son épouse à ses côtés

Pour pouvoir assurer tant de services, il fallait quelqu’un qui comprenne tous ces engagements et qui y participe en assurant la  vie familiale.  Marie-Thérèse, il l’a rencontrée il y a 57 ans ! Elle était celle qui allait patiemment s’occuper des enfants et donner un coup de main chaque fois que ce serait nécessaire. C’est ainsi qu’elle est membre d’une équipe liturgique et de la chorale, ou qu’elle a fait du catéchisme durant une vingtaine d’années !

L’accompagnement des baptêmes

C’était du temps de l’abbé Lepan : « Je m’en souviens toujours, il avait utilisé une belle image pour parler des baptêmes et de l’éducation chrétienne : il disait que quand on plante un arbre, on lui met un tuteur pour qu’il pousse droit puis on l’enlève quand il n’en a plus besoin. J’ai toujours utilisé cette image avec les parents que j’accompagnais lors des préparations. Une maman m’a salué il n’y a pas longtemps et m’a dit : -je me souviens du tuteur !- Ce sont des choses qui mettent du baume au cœur ». Déjà à cette époque, Fernand a jugé important de s’investir dans cet accompagnement et a voulu accompagner les personnes : « Je suis pour que l’on donne une éducation religieuse aux enfants. Ils ne peuvent pas choisir s’ils ne connaissent pas ! J’ai accompagné des familles avec Hervé Challamel pendant des années, mais je ne pouvais plus.  Ma santé ne me permet pas de continuer ». Fernand est heureux d’avoir servi tout ce temps les familles, combien de fois en fin de réunion disait-il : « Si vous ne deviez retenir qu’une chose, rappelez vous que Dieu vous aime à n’importe quel moment de votre vie. Vous pourrez toujours revenir à lui ! »

Au fil des ans, un langage qui s’est adapté

Dans l’équipe baptême, il a fallu s’adapter aux nouvelles situations : « Avec Hervé, nous avons trouvé une voie en leur parlant de leur vie : -Que voulez-vous pour votre enfant ? Êtes-vous là pour les grands parents ? Pour faire une fête ?- Nous laissions ces familles libres de choisir si notre proposition correspondait bien à leur attente. En dix-neuf ans, une seule a décidé d’arrêter la préparation ! Nous voulions qu’il y ait un dialogue. Le bourrage de crâne ne sert à rien, en leur demandant ce qu’ils voulaient donner à leur enfant, nous entrions dans leur désir, ils nous parlaient d’amour et nous pouvions rebondir en parlant de l’amour de Dieu

Aujourd’hui, aux sépultures

Fernand fait encore partie des équipes funérailles : « Ce sont les mêmes textes de saint Jean qui sont repris souvent. Ceux qui parlent de s’aimer en actes. C’est difficile quand on sent des discordes, des frictions, pourtant, cette mission m’apporte beaucoup. Il faut aller rencontrer la famille, c’est un engagement à chaque fois ! Je me donne à fond. J’éprouve souvent une forte émotion à leurs côtés, c’est un engagement profond qui n’a rien de professionnel. Nous sommes très souvent chaleureusement remerciés. Nous vivons avec eux des tensions et des épreuves mais la fin de la cérémonie est toujours apaisée et remplie de sens ».

Nous voyons à travers l’engagement de Fernand combien il est précieux que les personnes qui frappent à la porte trouvent des gens qui savent donner de leur temps et témoigner par cette simple et discrète attitude. Il nous confie « Je n’ai rien fait par ambition personnelle, je l’ai fait seulement dans un esprit de service » et ça se voit ! Fernand a su écouter tout au long de sa vie : « Les personnes ont tellement besoin de parler. Un jour j’ai écouté une femme qui enterrait sa maman. Elle m’a dit -si vous saviez comme vous m’avez fait du  bien…- je n’avais pas prononcé dix mots ! C’est ça qui est important : la disponibilité ! »

Fernand pense enfin à remercier tous ceux qui œuvrent dans l’Eglise : « Prenons le temps parfois de regarder tout le travail que représente telle ou telle réunion, tel ou tel service ! Reconnaître tout ce qui se fait, c’est un beau cadeau... Et puis avoir la délicatesse de ne pas critiquer ce qui se faisait avant… Nous ignorons souvent le travail si important fourni autrefois pour qu’un service subsiste ou pour qu’un bien perdure… »

L’évangile nous parle de serviteurs inutiles… « De même vous aussi, quand vous aurez exécuté tout ce qui vous a été ordonné, dites : -Nous sommes de simples serviteurs : nous n’avons fait que notre devoir- » Luc 17,10. Fernand, à l’image de bien des paroissiens, ne pense à faire que son devoir. Assurément, tous sont de beaux témoins du Christ : qu’ils soient bénis pour tout cela !    

Date de dernière mise à jour : 02/02/2018