Thyez

Eglise St Théodule

La communauté de Thyez se situe sur la rive droite de l'Arve, à 3km de Cluses.
Elle est trés vivante et trés active.

Son église trés belle et typique a été restaurée il y a une trentaine d'années. Elle se situe le long d'un parcours pédestre, "Au fil de l'eau" qui relie Thyez à Cluses par les lacs, en longeant un ruisseau sous l'ombre des arbres. Des messes y sont célébrées  le samedi soir ou le dimanche matin. (Voir la rubrique "horaires de messe")

Le saint patron: St Théodule, Martyr à Césarée de Palestine (+ 309). 
Il travaillait pour le compte du préfet de Césarée de Palestine quand il fut accusé d'aller visiter les confesseurs de la foi dans leurs prisons. Son maître, après de sévères reproches, le fit attacher à une croix.

Le saint patron: Saint Théodule

Saint Théodule (ou Théodore), évêque d'Octodure (Martigny) a participé au concile d'Aquilée en 381. Il s'agit sans doute du même Théodore qui a signé la lettre du Synode de Milan (393) au pape Siricius. Son historicité est donc certaine et il est probablement le premier évêque du Valais. On peut affirmer par ailleurs que Théodule est bien l'initiateur du culte de saint Maurice et de ses compagnons en Valais.

la rénovation de l'oratoire du Jovet

Un évènement pour la communauté : la rénovation de l'oratoire du Jovet et son inauguration et bénédiction le samedi 27 octobre 2014

Les représentants de la communauté et des élus se sont rassemblés. Monsieur Catala, maire de Thyez, présidait la cérémonie et rappelait l'intérêt de la municipalité pour sauvegarder et enrichir le patrimoine culturel et religieux hérité de nos ancêtres. Au nom de la communauté, Claude VINCENT a remercié la municipalité et l'AEP (association qui gère les intérêts matériels de la communauté de Thyez), pour l'engagement humain et financier de ce projet. Dans une brève allocution il rappelait l'histoire de cet édifice et sa symbolique pour les croyants d'aujourd'hui. (texte ci dessous)
Le Père Yvon Anthoine Milhomme a prononcé les paroles de bénédiction... Sous une pluie battante ! Pour clôre l'évènement, un vin d'honneur a réuni les participants à la mairie.

Allocution C. Vincent, représentant la communauté de THYEZ 
 C’est au nom de la communauté paroissiale que j’interviens pour remercier Monsieur le Maire de Thyez et son équipe municipale, pour avoir décidé et mené à bien la restauration de cet oratoire. Nos remerciements vont également à ceux qui ont participé à cette réalisation par leur travail et par leurs dons, en particulier l’Association d’Education Populaire (AEP) qui œuvre pour les intérêts de notre communauté.

Monsieur le Maire, vous avez agi avec le souci de préserver le patrimoine communal. Dans une note relative à ce projet, vous écriviez ;  « Témoin de la foi de nos ancêtres, cet édifice fait partie de la mémoire de Thyez. Il nous appartient de le sauvegarder afin de le transmettre aux générations futures. »  OUI, la foi de nos ancêtres était grande comme en témoignent les nombreux édifices religieux de nos vallées : chapelles, croix ou humbles constructions sur nos chemins. En ces temps, la vie était dure pour les habitants de nos montagnes. Hommes et Femmes étaient souvent démunis devant les évènements de la vie et la foi en Dieu les soutenait. L’édification de telles constructions permettait d’exprimer par la prière cette relation avec Dieu, qu’il s’agisse d’une demande de protection ou d’action de grâce en remerciement….
Nous ne connaissons pas la motivation de cette dame PRALON à qui nous devons cet oratoire édifié en 1886 à la fin de sa vie. Mais aujourd’hui sa démarche peut encore nous interpeller : les femmes et les hommes de notre temps, malgré tous les progrès, ont à un moment ou un autre de leur vie à faire face à l’adversité et à redécouvrir la faiblesse humaine…. Chacun y fera face selon ses convictions. Pour nous chrétiens dans la peine ou dans la joie, nous sommes heureux de partager cet héritage, cette bénédiction en est le témoignage !
Aujourd’hui la statue de la Vierge a retrouvé sa place dans l’oratoire : elle nous rappelle à nous, chrétiens, que c’est par son intercession que nos prières et nos louanges sont adressées à notre Dieu ! Merci à tous 

*Qu'est-ce qu'un oratoire ?
Oratoire vient du latin "orarer" qui signifie "parler". C'est un petit monument à caractère religieux destiné à prier Dieu. Dans la Savoie rurale, c'est souvent une humble construction, présente au bord des chemins, qui rappelle aux passants que, s'arrêtant là, ils peuvent s'adresser à la Vierge, aux saints et parfois solliciter des "indulgences". 
En Haute Savoie, on recense plus de 1374 oratoires, ce qui en fait un des départements les plus dotés. On les trouve essentiellement en zone de montagne, sans doute une expression très forte de la dévotion populaire des Savoyards. 
L'édification d'un tel ouvrage est souvent la conséquence d'un voeu ou le remerciement pour une guérison. certains sont parfois élevés pour demander une protection. Ils peuvent également avoir été érigés par des particuliers en mémoire d'un fils mortà la guerre ou en montagne. (Sources oratoires du genevois par Charles et Sabine Courtieu) 

Noël et la marche des bergers

Cette année encore l'équipe d'animation de la communauté c'est mobilisée autour de la fête de Noêl .

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Pour respecter les traditions et apporter du rêve dans les yeux des enfants (petits et...grands ) deux crèches ont été montées. 
La crèche intérieure à mis en scène les personnages bibliques traditionnels, pour l'occasion on a retrouvé des personnages qui dormaient depuis plusieurs décennies dans les greniers du presbytère, aujourd'hui désafecté.  Mis en valeur dans un décors volontairement dépouillé , avec éclairage approprié, ces personnages étaient vraiment une invitation au recueillement et à l'adoration.

La crèche extérieure, installée sur le parvis, avait un aspect plus folklorique et contemporain. 
Le décors : un chalet savoyard abritant des personnages grandeur nature, en tenue d'époque et rassemblés autour d'un berceau, la scene évoquant bien sur, la nativité ! Grace à la collaboration des services techniques de la ville, le parvis a pris provisoirement l'allure d'un alpage avec les animaux paissant au milieu des pâtures et sapins !

Thyez avait la joie d'organiser une messe de Noël. La célébration a été précédée par la traditionnelle  "marche" des bergers suivie par de nombreuses personnes : enfants et adultes. Au terme d'une célébration présidée par le père Monnet dans une église comble, la procession des bergers conduisait l'enfant jésus dans la crèche avec le chant traditionnel du " divin enfant". Les participants étaient ensuite  nombreux à se rassembler autour de la crèche et du chapiteau pour partager friandises et boissons chaudes et se souhaiter un "joyeux Noël"

Amicalement et meilleurs souhaits a toute l'équipe paroissiale.

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Rencontre avec le groupe « chrétiens en marche »

dscf5542.jpg« Ce groupe fondé par le Père Tavernier a débuté avec le Jubilée quand à Noël 1999, nous nous apprêtions à passer à l’an 2000 »nous confie Marie-Hélène. « Il a naturellement continué à vivre, au fil des préparations des évènements de l’année, la marche des bergers pour Noël, la galette des rois, la fête de l’amitié… Et tant de moments qui ponctuaient la vie de la communauté ».

Et puis le Père Tavernier est décédé soudainement les laissant bien dépourvus… Joseph nous partage : « Bien sur la question s’est posée de la suite que nous allions donner, mais nous n’avons pas hésité longtemps : il était évident qu’il fallait continuer » Le groupe se rencontre aussi souvent que possible, et voilà déjà la préparation de Pâques, l’évocation de la fête de fin d’année des catés… « Ce qui est important c’est de rester en équipeNous n’avons jamais nommé un responsable en particulier » selon Christine et Thierry

Quelles sont vos relations avec la paroisse ?
La réponse est unanime : « Nous avons été écoutés quant à nos difficultés pour réorganiser les choses. Nous avons aussi vu tous les prêtres se relayer pour célébrer la messe et nous en sommes très contents ». Et Charles de rajouter « nous avons ressenti une grande attention sans compter que nous sommes accueillis et reconnus au centre paroissial ». Bien sur, il y a un peu de tristesse à voir s’espacer des évènements réguliers comme la messe des familles le troisième samedi du mois. « le fait qu’elle était régulière faisait venir les gens »… Le constat est là : on ne peut plus assurer le même nombre de célébrations qu’avant vu le manque de prêtres, la communauté de Thyez ne fait pas exception…

De nombreux rendez vous
Mais l’espérance revient vite à l’évocation des nombreuses habitudes qui ont pu être gardées, avec le relais des laïcs :
- l’équipe liturgique qui se regroupe très régulièrement avec Fernande qui prépare la feuille avec beaucoup de cœur
- le caté avec des parents motivés et heureux 
- l’équipe funérailles, avec la spécificité d’avoir la présence de tous ceux qui peuvent se libérer dans la chorale, ce qui aide énormément les familles en deuil
- la visite aux malades, le secours catholique…
Sans  compter :
- l’ouverture de l’église et une permanence assurée par Marie-Hélène le premier vendredi du mois de 14H à 16H.
- le groupe lecture de la bible le troisième mardi du mois à 20H30 au presbytère
- le chapelet tous les mercredi à 18H30
- le diaporama projeté pour le vendredi saint, toujours renouvelé
- la marche des bergers pour Noël « ça c’est Colette, la spécialiste de la décoration ». Et celle-ci de rajouter « je suis bien aidée, notamment par Janine et Claudine ! »
- la fête de l’amitié au forum des lacs tous les ans, le troisième samedi d’octobre

Une participation à la paroisse
Mais toutes ces personnes ne se contentent pas de rester dans leur communauté. Marianne, par exemple participe au CPP, Charles vient rejoindre l’équipe de catéchèse à Cluses pour se former, Marie-Hélène fait partie du groupe qui accompagne les catéchumènes avec Marie-Thérèse, Joseph fait le tour de la paroisse pour poser ses affiches du CCFD, Flavio assure l’animation musicale du catéchisme de CE1, il remplace la chef de chœur de St Nicolas à l’occasion… il y a des participants au MCR…  et bien sur la liste n’est pas exhaustive.
Les membres du groupe apprécient également de se déplacer dans les autres églises pour participer à la messe paroissiale, trouvant plaisir à croiser de nouveaux visages, ils apprécient encore d’accueillir des personnes venues de tous les villages alentour quand c’est leur tour d’assurer ce service pour la messe du samedi soir ou du dimanche.

Au final, nous remarquons que cette équipe est bien présente, motivée et prêtre à continuer sa mission de service. « nous restons vigilants à nous regrouper : il ne faudrait pas nous laisser aller ! » Nous l’aurons compris, cette équipe là a encore de belles rencontres à préparer, nous leur souhaitons une bonne continuation avant de repartir dans nos foyers

Chantal et Colette 

La vie à l'intérieur

Jeanine et lucienLucien a travaillé toute sa vie jusqu’à sa retraite et même après, il était actif, joyeux, boute-en-train. Il est arrivé du Nord en 1969 et s’est installé avec sa famille tout près du lac de Thyez, pour le Noël 75. Il a même fait du ski en son temps, avec son copain de boulot, Bernard. Jusqu’au jour où la maladie et le handicap l’ont atteint gravement. Qu’est-ce que cela a chamboulé dans sa vie et celle de ses proches ?

Jeanine, son épouse, se souvient : «Quand Lucien a été retraité, nous aimions faire les courses, nous allions à la piscine, nous allions visiter la famille dans le Pas-de-Calais, nous partions même en vacances une année sur deux…nous faisions aussi partie d’une association, nous jouions aux cartes, au scrabble, cela nous faisait rencontrer beaucoup de monde, sans compter les allées et venues de la famille, les sorties avec les anciens copains du boulot… Et puis, les ennuis de santé sont arrivés. Ça a commencé avec la voiture. Je remarquais des petites bêtises au volant, jusqu’à ce que cela ne soit plus possible. Il a fallu lui prendre ses clés. Il l’a très mal accepté, c’est sûr que ne plus conduire a été une étape qui lui a mis un coup au moral… il était quelqu’un d’indépendant qui aimait à se déplacer.»

L’épreuve du handicap 
Mais voilà… D’une épreuve à l’autre, petit à petit tout s’est arrêté. Il y a même eu une longue hospitalisation à Lyon pour Lucien. Jeanine s’est arrangée pour se libérer du travail, parce qu’à l’époque elle travaillait encore. Aujourd’hui, c’est une autre vie qui suit son cours. «Il vient quelqu’un le jeudi pour s’occuper de Lucien, je peux aller faire les courses, parfois, si mon fils est présent nous pouvons faire une sortie, mais il faut être deux pour le soutenir de peur qu’il ne tombe ». Il aurait pu y avoir la solution du fauteuil roulant, mais Lucien refuse. « C’est trop dur, il se sent diminué, ce que je comprends. » Lucien renchérit : « Je marche péniblement, je me traîne ». Bien sûr le moral en a été altéré, mais le fauteuil roulant, nous sentons que ce serait le coup de grâce. Que ferions-nous à sa place ? Serions-nous prêts à accepter le regard des autres, des voisins, des amis qui nous ont connus vaillants ?

La vie de l’extérieur les rejoint à l’intérieur  
Du coup, c’est dans l’appartement que la vie s’écoule. Alors forcément, pour Lucien comme pour Jeanine, quand on sonne à la porte, c’est la vie qui entre ! C’est l’assistante de vie le jeudi. « Je peux même demander quelques heures en plus quand j’en ai vraiment besoin » ; c’est aussi la kiné qui vient pour Lucien, « une bouffée d’air frais qui permet de tenir ! » Cette personne prodigue des soins trois fois par semaine à Lucien, mais elle prend aussi le temps de discuter avec Jeanine qui apprécie beaucoup sa présence. Et puis il y a la famille, sa fille, son fils qui se relaient auprès de leur papa pour que Jeanine fasse un tour : «La famille aide beaucoup ». Il y a encore ses petits- enfants qui passent à l’occasion et les anciens copains du boulot « J’ai besoin de voir des personnes que je connais. Ils viennent mais ils ont leurs soucis : Ce que je vis, beaucoup de personnes le vivent aussi. Je ne veux pas demander, je ne veux pas m’imposer. Je sors si on me propose, sinon je ne me permettrais pas. Ça manque parfois de parler des bons souvenirs, mais eux aussi, ils ont leur vie, bien sûr. Il y a le téléphone aussi, ça compte ! »

Les occupations au long cours…  
Lucien et Jeanine ont fêté leurs 50 ans de mariage l’an dernier. Forcément, ils se connaissent par cœur. Ils ont appris à vivre cette nouvelle étape ensemble et ont trouvé leurs marques. Jeanine a du tonus à revendre : « Il a fallu que je tienne le coup. Je veux m’occuper de lui tant qu’il sera possible de repousser la maison de retraite ». Lucien écoute et regarde son épouse avec amour. « Il faut répéter beaucoup parce que Lucien n’entend pas bien. Mais je me sens aidée par l’entourage pour tenir dans la durée. Même la voisine qui est gentille, qui me ramène le pain, c’est une relation importante.» Lucien et Jeanine regardent volontiers les informations à la télé, mais leur occupation favorite, c’est de jouer au scrabble. Le regard de Lucien s’éclaire pendant que Jeanine dit : « C’est bien pour la mémoire. Il y a des mots que l’on oublie ! Il perd souvent ». Lucien renchérit  rieur : « elle triche » mais on sent là toute la complicité de leur relation. On y voit la tendresse des bons et des mauvais jours, la souffrance de voir l’un diminué tandis que l’autre fait ce qu’il peut pour tenir.  Assurément ces deux-là apportent un beau témoignage de vie à tous ceux qui les croisent même s’ils sont moins nombreux qu’autrefois.

Ce que pense Jeanine de la foi 
Les épreuves n’ont pas manqué dans sa famille, des décès de proches et surtout sa petite-fille. « Tous ces morts, c’est pas juste. Mais je crois quand même, quand je passe dans une église, j’allume une bougie. Bien sûr, dans les familles où tout va bien, c’est plus facile de croire mais quand on vit des deuils de personnes très proches, même si on se remet parce qu’on est plus solide que l’on croit, il y a quelque chose de cassé avec sa foi. Mais je m’accroche à mon moral. Et puis avec Lucien je suis obligée ». 

L’heure du départ approche, je me lève. Lucien prend beaucoup de temps, mais c’est debout qu’il me salue, tout heureux. Je me dis que le Seigneur nous veut debout et quand nous ne pouvons plus nous lever, se souvenir que cette personne là, en apparence diminuée est debout de tout son être, de tout son cœur. Dans son être intérieur, elle a envie de courir, d’attraper ses clés de voiture et de partir se balader en toute liberté ! » Chantal Gaillard.

Seigneur, bénis les familles qui resteront chez elles cette année encore : les personnes des maisons de retraite, celles qui travailleront sans prendre de congés, celles qui n’auront pas les moyens de partir… Seigneur, bénis ces familles !

Date de dernière mise à jour : 07/02/2017