Le sacrement de l'Ordre

Le sacrement de l'ordre

Des jeunes, des adultes, se posent la question de devenir prêtre. Si l'appel du Seigneur retentit dans un cœur, il faut prendre le temps de l'écouter. C'est une grâce merveilleuse. N'hésitez pas, parents, jeunes et adultes, à en parler avec un prêtre.

Des adultes peuvent aussi se poser la question du diaconat permanent. C'est un service important pour la vie de l'Église .Le diacre est ordonné pour servir le Peuple de Dieu dans la diaconie de la liturgie de la Parole et de la charité.
Comme le prêtre est l'image du Christ «Bon Pasteur», le diacre est l'image du Christ «Serviteur ».

2 Questions aux 4 prêtres de la paroisse

 Pour vous en tant que prêtre, qu’est-ce qui est difficile à vivre ?

Père Ludovic Bruley
je reprendrai une phrase de notre évêque dans la lettre aux prêtres dans le cadre de la démarche synodale : “ dans le contexte de sécularisation, nous mesurons souvent l’ignorance de ceux-là mêmes qui viennent demander un service à l’Eglise. Il nous faut quelquefois faire le grand écart entre notre accueil des demandes sacramentelles et le peu de vie ecclésiale de ceux qui les formulent. La rencontre de l’indifférence religieuse est une épreuve (...)
Je trouve qu’il y a quelque chose de très mal ajusté, je ne suis même pas sûr que ma manière de réponde aux demandes soit évangélique. Je suis très mal à l’aise quand je ne suis pas en vérité avec des personnes.
 

Père Raymond Monet
Une question qui me préoccupe actuellement dans nos habitudes paroissiales : Comment passer de “qu’est-ce que je vais faire ?”, "Comment je vais m'organiser"...à "Qu'est ce que je deviens ?" “Qui suis-je pour tenir malgré les difficultés de mon engagement ?”
Dans la Bible Dieu appelle. Je pense aux prophètes, à Marie. Dans l’Evangile, le Christ appelle des personnes pour être avec lui: André, Jacques, Jean.... A Simon, Jésus dit : “tu es Pierre et sur cette pierre je bâtirai mon Eglise” (Mat 16, 18). Nous le voyons bien, l’appel le transforme. Pierre n'est plus le même. Nous ne sommes plus les mêmes ;
Comment se fait-il que nous nous soyons engagés ? C’est vrai pour les prêtres, mais c’est aussi vrai pour les laïcs et le sacrement du mariage est aussi une réponse à un appel. C’est un appel à vivre une dimension divine de notre vie ! Alors, je trouve que ce qui est difficile à vivre, c’est quand nous n’arrivons plus à prendre du recul sur nos engagement. Il faudrait mettre en place des lieux de relecture et des temps pour se nourrir.

 Père Charles Bouvard
Mes joies et mes difficultés en tant que prêtre doivent être assez proches de ce que vivent tous les baptisés.
En tant que prêtre, ce qui est difficile à vivre, c’est l’abondance de la moisson et d’une « moisson nouvelle » tant la mutation entre les premières années de mon ministère et maintenant est immense. Si par exemple se plonger au cœur de la foule de Musique en Stock donne des visages à ceux vers qui j’ai été envoyé, cela donne aussi le vertige. C’est une autre culture qui imprègne tous ceux qui sont là : comment les rencontrer, cheminer avec eux, quel langage trouver pour que, selon l’expression de Paul VI, « l’Eglise puisse se faire conversation » avec eux et annoncer la Bonne Nouvelle ?

 Père Yvon Anthoine Milhomme
Quand je constate l’état du monde aujourd’hui, hérité du passé, je remarque qu’il y aura toujours des personnes qui cherchent, qui pensent à l’inutilité de la guerre, qui vivent avec la certitude qu’il est possible de se comprendre. Mais il y en a d’autres qui savent tout, qui ont réponse à tout. Ceux là me questionnent. Il y a tant de blocages : Quelquefois, je me dis qu’il faudrait la mort du dictionnaire ! Alors je pose la question « que veut dire pour toi le mot fraternité ? » et moi-même je m’interroge. Comment vivre tous ensemble ? Que chacun puisse s’exprimer, mais qu’avant il y ait du respect mutuel ! Découvrir la source pour vivre le présent et ouvrir un avenir… Jésus nous donne les clés : dans les actes des apôtres, les premiers chrétiens ont su s’adapter aux changements. Mais surtout ils vivaient vraiment la communion : (Ac 2, 42 et sui) non seulement « ils étaient assidus à l’enseignement des apôtres » mais ils étaient « fidèles à la communion fraternelle, au partage du pain et permanents à la prière » Que demander de plus ? Ne manquons pas cela aujourd’hui !

Pour vous en tant que prêtre, qu’est-ce qui est porteur de vie ?

Père Ludovic Bruley
Toutes les fois que je remarque des personnes qui découvrent la foi, prient, chantent, s’intéressent. Quand je rencontre régulièrement des familles, des personnes, et que je les connais mieux. Cela rejoint la raison pour laquelle je suis prêtre : Annoncer l’Evangile, voir des personnes découvrir le Dieu de Jésus Christ me réjouit. Mais j’apprécie aussi quand quelqu’un me dit “la foi c’est pas mon truc” et que nous dialoguons : c’est tellement mieux que l’indifférence ! Je suis heureux quand quelqu'un grandit dans sa dignité humaine, je crois que la découverte de l’Evangile le permet, c’est tout le sens que je veux donner à mon apostolat.

 Père Raymond Monet
Par exemple une rencontre où nous nous sommes écoutés. En relisant notre vie, dans des équipes diverses, nous entrevoyons plein de bonnes choses.
Le “Qui suis-je” prend toute sa dimension quand nous découvrons le “avec qui”. Quand nous prenons le temps de nous ressourcer, ensemble, c’est porteur ! Je me réjouis de la redécouverte de la Parole. J’ai vécu cela récemment, dans un groupe qui réfléchissait sur la démarche synodale, quand ensemble, nous avons découvert que la paix que nous donne le Christ, c’est une paix profonde, don de l’Esprit saint, qui nous remplit de confiance et d’espérance. Le Christ dit à chacun “je te donne ma paix !” Alors, je ne me soucie pas de mon petit bien être, mais je suis en communion avec Lui, je suis conscient d’être au bon endroit au bon moment, je suis vivant !

Père Charles Bouvard
Les pas dans la foi à l’occasion de sacrements, de rencontres pour le catéchisme, les demandes de baptême, de confirmation à l’âge adulte, les engagements petits ou grands au service de la communauté et des hommes, la prière qui irradie des vies, les initiatives en faveur de plus de fraternité, de bienveillance mutuelle, d’esprit de famille au sein de la paroisse, tout cela me parait porteur de vie.

 Père Yvon Anthoine Milhomme
Vatican II a été un fantastique souffle de vie : comment se fait il que ce souffle se soit trouvé bloqué ? Pourquoi vivons-nous tant de rejets aujourd’hui encore ? Nous sommes entrain de prendre conscience de ce manque. La démarche synodale est bonne pour cela.  Elle nous donne l’occasion de cheminer ensemble dans le respect de chaque proposition. On rejoint alors le commandement nouveau du Christ : « aimez vous les uns les autres comme je vous ai aimés » ; Si nous vivons par l’Esprit, nous marcherons dans son souffle. L’Église vit une dimension de Pentecôte permanente et c’est le moment de s’en souvenir. La résurrection, c’est dès aujourd’hui qu’elle s’accomplit ! (Col 3,1) De ce côté-là, je vis un ministère fantastique. Je rencontre toutes les religions et tous les milieux. Cela me comble d’espérance : le monde est en marche sous le signe de l’amour fraternel. J’ai la conviction que l’Esprit Saint souffle aujourd’hui dans tout ce monde qui cherche un sens et l’Église se situe dans ce mouvement. Prenons la parole ! Nous rencontrerons le dialogue, l’avenir, la joie. Nous pourrons conjuguer « vivre » et « croire » !

Date de dernière mise à jour : 02/02/2017