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NOTRE JOURNAL Contact: Marie Thérèse Bouchet |
Construire Juillet 2008
Au sommaire du numéro 258 de Juillet 2008 vous trouverez :
Bonne lecture à tous !
Un couple parle Les jeunes ont du souffle ! Les JMJ à Annecy, à Sydney, Ils sont jeunes adultes, ils fréquentent l’Église et je les ai rencontrés avec, pour toile de fond, leur témoignage de vie au travail. Faisons connaissance ! - Bonjour Sophie et Vincent, vous habitez Cluses depuis quelques années, parlez-nous de vous et de votre travail Sophie : Je suis sage-femme à l’hôpital de Sallanches, mon mari est technicien d’application chez un spécialiste d’outils coupants.. Nous avons deux enfants, Thomas 3 ans et Maxence 8 mois. -Vous êtes chrétiens : Est-ce facile de parler de votre foi sur le lieu de travail ? Pas du tout ! Tant que nous parlons des sacrements d’initiation, c’est encore simple : il est admis partout que l’on se marie à l’église, que l’on fait baptiser son enfant… C’est dans la logique des choses. Mais de là à dire que l’on va à la messe, il y a un pas ! C’est peu courant, un jeune couple qui va régulièrement à l’église. On est tout de suite catalogué. Alors nous gardons cela pour nous. Et Vincent de rajouter : Ce qui est drôle, c’est quand je croise à l’église quelqu’un que je côtoie au travail (client, fournisseur, concurrent même !) : nous n’avons pas besoin d’en parler par la suite, mais cela change nos rapports. Il y a un lien nouveau qui s’établit. - C’est étonnant ! Oui, une certaine complicité s’installe, nous avons le sentiment d’avoir quelque chose de différent en commun. - Avez-vous l’impression que ça se voit que vous êtes chrétiens ? Sophie : En fait, nous ne disons pas ouvertement notre foi, mais il vient toujours une occasion où c’est glissé dans la conversation. Et la personne en face a toujours la même réaction ; elle n’est pas du tout étonnée d’apprendre que nous sommes chrétiens. Vincent : Oui, je crois que nous avons une attitude chrétienne sans l’afficher : par l’aide que l’on apporte aux collègues, une certaine attention aux autres, c’est un état d’esprit ! Le jour où j’évoque le fait d’être chrétien, cela ne provoque pas la surprise, au contraire il n’est pas rare que l’on me réponde : « ça ne m’étonne pas. » - Vous venez régulièrement à la messe : Pas trop difficile avec deux enfants en bas âge ? Vincent : C’est sûr qu’il faut plus de temps pour nous préparer. Et puis nous sommes moins attentifs à la cérémonie parce qu’il faut veiller à ce que les petits ne dérangent pas. Mais nous venons quand même. Il faudrait faire comme dans certaines églises : organiser un roulement pour garder les enfants dans un coin aménagé ! Nous serions partants pour participer ! - C’est une très bonne idée ; nous allons la proposer ! En tout cas, merci pour votre témoignage : nous sommes heureux de voir de jeunes parents qui vivent leur foi dans la société et qui viennent en famille à l’église : un beau cadeau pour la communauté ! Chantal Gaillard
Article de la rubrique « Art et Tradition » dans le numéro de Juillet 2008
En route pour une autre vie
Après quelques vingt-huit années dans le décolletage, Jean-Claude Bortoli résidant au Mont Saxonnex, a décidé de changer de voie. Lassitude ? Pas seulement.
« Ça s’est fait comme ça, dit-il tout simplement ; plus jeune, j’avais songé à la menuiserie, mais sans plus ». Dans le chalet où il abrite sa famille, tout porte son empreinte. « Au lieu d’acheter des meubles, j’ai acquis une machine à bois ! » Cette passion nourrie au plus profond de lui éclate alors au grand jour et prend forme : ici un vaisselier, là un confiturier … Tous les bois trouvent grâce à ses yeux et rivalisent de leurs courbes délicatement sculptées.
« Au début, j’ai tâtonné », avoue-t-il, balayant d’un regard critique l’une de ses premières réalisations ; je me suis formé tout seul ». Jean-Claude use de techniques anciennes pour concevoir des meubles de style alpin. Peu de collages, des meubles chevillés, montés traditionnellement sur place. Outre l’habileté, il y faut de l’imagination et les qualités de l’esthète. « D’abord, je dessine des volumes. Puis, les détails s’imposent naturellement au fil du travail. J’essaie de me démarquer : jamais le même meuble ».
Vivre de sa passion
De là à en faire son métier, il est un pas que Jean-Claude a franchi, avec une lucidité certaine. Peut-être gagnera-t-il moins bien sa vie. Mais à l’entendre parler avec tant d’enthousiasme dans la voix, on mesure combien il se réalise pleinement dans ce choix. « Je fais cela par passion ; avoir un métier qui plaît, ça n’a pas de prix ». Ainsi, le décolleteur est devenu artisan ébéniste.
Fabienne Boisier
Repose-nous
Notre Dieu, nous te demandons de laisser le repos venir à notre cœur, à notre pensée et à notre corps, afin que nous puissions faire halte et nous démettre de ce qui tourbillonne, se bouscule et s’encrasse en nous.
Tu le sais : malgré les apparences que nous nous donnons d’être calmes et organisés, détachés et concentrés, en réalité, nous ne faisons pas trêve avec nous-mêmes.
Nous remplissons notre temps comme une armoire comble.
Nous entassons nos années comme un amoncellement de tâches et de retards.
Nous bourrons nos vies, sans nous laisser d’espace pour les vivre.
Nous allons de travaux en divertissements et nous ignorons le repos.
O Dieu, repose-nous, Toi qui as pris le septième jour pour regarder, apprécier et chômer de ta propre fatigue.
Repose-nous,
Toi qui commandes de faire relâche en mémoire de notre liberté, toujours réelle, en présence de notre communion, toujours possible, en attente de l’achèvement de ton royaume, toujours annoncé.
Fais que nos repos ne nous effraient pas, nous qui savons mal user de la liberté du temps.
Fais que nos repos ne nous dissolvent pas, nous qui savons mal vivre le silence et le calme, le retrait et la retraite.
Car nous voudrions que le repos cesse d’être pour nous une hygiène et un devoir, une obligation et une résignation, pour advenir en nous tel le soleil qui s’attarde au soir, telle la nuit qui ensevelit les insuffisances, tel le sommeil qui éveille les songes, telle l’aurore aussi qui nous retrouve dispos.
Repose nos cœurs, ces chevaux que tirent à hue et à dia nos passions.
Repose nos esprits, ces antichambres où se pressent les solliciteurs.
Repose nos corps, ces maisons, où la poussière se dépose.
Repose-nous,
Toi qui as disposé les rythmes du monde, le jour et la nuit, l’hiver et l’été, l’allant et le silence, la parole et le sacrement, la bouche et la douceur de la main, l’oreille et l’effleurement du geste, l’animation et l’apaisement de l’amen. Nous te demandons le repos de nos vies, à toi qui es le Dieu de la Parole vivante, mais aussi de la paix accomplie.
Amen.
Extrait de André Dumas.